le sacre des lemings
Inspiré, ardent, magistral, prodigieusement touchant... Les mots manquent pour décrire la fulgurance et la maîtrise artistique dont Tété a fait preuve pour l'écriture de son nouvel album. Porté par des arrangements subtils (batterie, basse, illuminées en contrepoint d'instruments à vent et de cordes), il aligne à la guitare folk douze titres monumentaux, hérités du blues, auxquels il offre des textes somptueux, maniant les mots de la langue française avec une virtuosité et une lucidité que n'auraient reniées ni un Brassens, ni un Gainsbourg. Fait-il du blues en français ou de la chanson sur des rythmes noirs américains ? La réponse est sommaire : Tété fait du Tété. Plus qu'une identité, ce troisième album impose un style à part entière.
Plus joyeux, même s'il aborde des thèmes graves, Le Sacre des Lemmings dessine un réjouissant renouveau. «Son prédécesseur était construit autour d'une rupture, précise le chanteur, celui-ci se focalise sur des sujets lourds mais de façon distanciée. Il me paraît beaucoup plus subversif de conter des histoires en leur donnant une apparence inoffensive.»
Profondément humaine, la musique de Tété se veut un rempart à la précarité, au déracinement, au racisme - des problématiques qui le concernent directement. Pour autant, le message qu'il livre est universel. Et sa quête artistique, unique.