groove'n'discovery

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pour le groove : Keziah Jones

 je trouve son dernier album “Black Orpheus” fantastique. C’est un disque que j’ai écouté en boucle pendant longtemps, je trouve les compositions particulièrement inspirées, et le “retour aux sources” avec lequel on nous a bassiné est une réussite.

http://schkopod.free.fr/media/25_secretthoughts.mp3

pour la découverte : Nosfell 

 

Nosfell par Thierry COLJON - 25/01/2005

Sur scène, tel qu’il a été découvert au dernier Printemps de Bourges, Nosfell est un personnage étrange, jouant de son corps tatoué, d’attitudes parfois animalières et d’onomatopées mêlant la novlangue aux samples funky. Dans la vie, Labyala Jaouid Fel est un jeune garçon de 26 ans, tout calme, tout simple, d’une politesse et d’une gentillesse frôlant la timidité.

Une mauvaise interprétation du personnage qu’il crée sur scène consisterait à voir en lui un nouveau gourou fumiste et mystique en quête d’illuminés de la cafetière à pigeonner. La réalité est tout autre. Même s’il tient à préserver un minimum de mystères sur ses origines, le Parisien met tout de suite les points sur les « i » : Je ne veux pas tomber dans le chamanisme. Parfois, après un concert, je rencontre des gens qui se méprennent sur ma démarche, sur mes motivations. Je suis très méfiant car je ne suis pas un leader. Je veux préserver la légèreté, le palpable, le côté séducteur de mon message.

Nosfell tient à ce que l’essentiel reste la musique. Avec son jeu de guitare très percussif et son amour pour un groove très funky, entre Keziah Jones, Prince et M, il convainc aisément. Sur scène comme sur son premier album autoproduit, « Pomaïe Klokochazia balek » , il impressionne.

Pourquoi, dès lors, mêler à la langue anglaise cette novlangue qu’il reconnaît ne pas avoir inventée mais bien baptisée : le klokobetz ? Il reste, là-dessus, très prudent : J’avais besoin d’un véhicule, d’un médium pour canaliser mon expression artistique, comme un tuteur. Le klokobetz est quelque chose que j’essaie de rendre positif. Je n’aime pas trop en parler. Ce n’est pas une révolte, même si, à l’origine, c’est lié à ma famille. C’est en prenant des coups de savate sur la tête que j’ai appris cette langue. Mon père aussi parle beaucoup de langues. Moi, ce langage me permet d’être mieux compris comme être humain. Je ne cherche pas à être pris pour quelqu’un cherchant à se complaire dans le fait d’être incompris. Mon but est de rendre belles les choses qui me sont douloureuses. Cette langue est très souple, avec ces particules enclitiques qui s’articulent comme des balises, des éléments qui constituent le rythme des phrases et mettent en avant l’émotion. Le public s’en approprie le sens. Au début, j’avais peur que cela soit trop hermétique, mais les gens réagissent bien en concert. J’aime beaucoup la musique populaire. Steve Reich a dit que toutes les musiques étaient ethniques. La musique répétitive aussi rassemble les gens.

Il ne faut donc pas surévaluer l’importance de ce langage. Magma ou Gong, dans les années 70, tout comme Wim Mertens ou Urban Trad, plus récemment, ont également développé un langage avant tout musical. Nosfell écrit et lit beaucoup, cite André Breton et la poésie japonaise, mais avoue ne pas être un grand amateur de cette culture « fantasy » chère aux adolescents.

 Si vous êtes suffisement dingue pour avoir le ceci jusque là, alors méritez bienun peu de musique :) http://schkopod.free.fr/media/22_mindalajinka.mp3

 

http://schkopod.free.fr/media/23_slandji.mp3

http://schkopod.free.fr/media/21_childrenofwindaklo.mp3

 

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Publié dans Musique

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