"v'la encore ces nègres!...".
entendu ce matin au boulot à 8hoo dans la salle de pause petit dèj, entre deux tartines et le café, le tout en matant les résultats d'un match de foot à la télé (oui il y a la télé dans la salle de pause!...) :
"ah ben v'la encore ces nègres!..."
je crois mal entendre, le mec s'oublie complètement, il m'oublie carrément, je rétoque un simple "oui....mais j'ai envie de dire non là..." , il m'entend, je le regarde dans les yeux, il m'évite du regard (bien sur...), il rougit de honte (il y a plutôt intérêt!), puis il change de sujet.
scène du petit racisme au quotidien.
« Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent. (...) ».
Aimé Césaire.
"ah ben v'la encore ces nègres!..."
je crois mal entendre, le mec s'oublie complètement, il m'oublie carrément, je rétoque un simple "oui....mais j'ai envie de dire non là..." , il m'entend, je le regarde dans les yeux, il m'évite du regard (bien sur...), il rougit de honte (il y a plutôt intérêt!), puis il change de sujet.
scène du petit racisme au quotidien.
« Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a au Viet Nam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent. (...) ». Aimé Césaire.
Publicité